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Ma petite
maman chérie, mon tout petit frère adoré, mon
petit papa aimé, Je vais mourir ! Ce que je
vous demande, toi, en particulier ma petite
maman, c’est d’être courageuse. Je le suis et
je veux l’être autant que ceux qui sont passés
avant moi. Certes, j’aurai voulu vivre. Mais
ce que je souhaite de tout mon coeur, c’est
que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas
eu le temps d’embrasser Jean. J’ai embrassé
mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable
je ne peux le faire hélas ! J’éspère que toutes
mes affaires te seront renvoyées, elles pourront
servir à Serge, qui je l’escompte sera fier
de les porter un jour. A toi, petit Papa, si
je t’ai fait, ainsi qu’à petite Maman, bien
des peines, je te salue une dernière fois. Sache
que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie
que tu m’as tracée. Un dernier adieu à tous
mes amis et à mon frère que j’aime beaucoup.
Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demi ! Ma vie a été courte ! Je n’ai
aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous.
Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman,
ce que je te demande, ce que je veux que tu
me promettes, c’est d’être courageuse et de
surmonter ta peine. Je ne peux pas en mettre
davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi
Maman, Serge, Papa, je vous embrasse de tout
mon cœur d’enfant. Courage ! Votre Guy qui vous
aime
Guy
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Dernières
pensées : "Vous tous qui restez, soyez dignes
de nous, les 27 qui allons mourir !"

Dernière lettre de Guy Môquet
adressée à sa famille et écrite au camp de Châteaubriant,
le jour de son exécution. 22 octobre 1941
Source : Collection Musée de
la résistance nationale à Champigny-sur-Marne
- Fonds de la famille Môquet-Saffray
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